26/12/2006

La tribu Sfar, Trondheim, Larcenet et les autres ...

Je viens de terminer le conséquent tome 5 de la série "Le Chat du Rabbin" de Joann Sfar (dont la notoriété a tendance à faire oublier ses origines niçoises...) qui entraîne le Rabbin, son chat, son cousin le Cheikh Sfar, deux russes (un peintre et un ancien militaire) dans une épopée africaine en quête d'une ville dont ils savent peu et espèrent beaucoup "Jérusalem d'Afrique". On note le clin d'oeil critique à "Tintin au Congo", le ton poético-humaniste de Sfar et la bonne nouvelle de ce volume : Le chat reparle enfin à son maître (ou plutôt le maître ré-entend enfin son chat).
Côté Trondheim, à signaler la sortie déjà datée (octobre) de "La Malédiction du parapluie" qui nous fait suivre avec délectation le petit quotidien de Trondheim et des siens, ses petites angoisses, ses gros ratages botaniques, ses bons copains et ses jolies aquarelles. Dans la continuité d' "Approximativement" (qui a déjà dix ans mais que j'ai personnellement découvert il y a peu), Trondheim nous transporte dans son univers si particulier et nous livre ses réflexions très contemporaines.
Quant à Larcenet, outre son blog que je viens de dénicher, les 3 premiers tomes de "Retour à la terre" ont été ré-édités et regroupés dans un volume unique, format rectangulaire, c'est plus beau mais dommage qu'il n'y ait pas le 4ème.

25/12/2006

X-po

Incontournable l'expo "Cultures du Monde" à voir à l'ensemble conventuel des Jacobins de Toulouse. L'exposition présente des pièces destinées au futur Musée des Confluences à Lyon autour de 4 axes centraux qui confèrent une unité de thèmes et rapprochent des pièces éclectiques (diversité de lieux et d'époques) en soulignant le rapport de ces oeuvres à l'au-délà, à la nature, aux autres individus et aux autres cultures. Des pièces anciennes aux pièces plus contemporaines, de l'afrique à l'asie en passant par les arborigènes d'océanie et les inuits cette exposition tisse un lien entre des sagesses à la fois proches et lointaines et pose des questions essentielles sur le rapport de l'homme à son environnement naturel et mystique.

24/12/2006

Lectures hivernales


Récente découverte, la "bible" de l'histoire de l'art est sortie en format poche chez Phaïdon. Parce que les "beaux livres" se regardent plus qu'ils ne se lisent et parce qu'il serait dommage de passer à côté de l'écriture fluide, claire et accessible à tous voulue par Ernst Gombrich, on apprécie l'initiative et on se plonge dans cet ouvrage qui a traversé les décennies et conquis plusieurs générations, aussi riche sur le fond du texte qu'agréable sur la forme de l'objet (texture du papier, visuel et qualité de la couverture).
Côté romans graphiques, il faut signaler FUN HOME, tragédie familiale sur fond d'identité sexuelle. L'homosexualité naissante de la fille s'entrechoque avec celle non avouée du père.
En plein dans l'amérique indépendante (celle de films comme "Little Miss Sunshine"), dans l'activisime de l'auteur pour la cause gay et lesbienne, dans l'histoire familiale autour de l'entreprise de pompes funèbres reprise par un père amateur de littérature, ce roman (autobio)graphique oscille en permanence entre noirceur mortuaire et légèreté de ton.

jeux (suite)


Dernier jeu testé la version pour 2 joueurs (adapté en jeu de carte) du mythique "Colons de catanes", assez facile d'accès (d'autant plus qu'il y a un tutorial disponible sur internet) et plutôt fluide au démarrage. Un jeu de développement et de construction mêlant stratégie et hasard (grâce au tir aux dés) qui à partir du thème de la colonisation s'articule autour de la construction de colonies, villes fortifiées, bâtiments, unités de combats tout celà rendu possible par l'acquisition de diverses ressources.
Fort du succès des "colons de catanes" version jeu de plateau, qui existe depuis une dizaine d'années déjà et a fait beaucoup d'adeptes à travers le monde, ses créateurs (encore et toujours germaniques) ont sorti la version adaptée à 2 joueurs (récemment ré-éditée) .
Les parties sont longues et les rebondissements fréquents (nombreuses possibilités de blocage de l'adversaire et de tirage d'événements tous plus catastrophiques les uns que les autres), de ce fait aucune partie n'est identique et ce même sans changement d'adversaire.
Seul petit défaut, une fois que l'un des deux joueurs a pris du retard il lui sera difficile de le rattraper ...

01/10/2006

Jeux de plateau

On assiste au développement, lent mais sûr, d'un courant de moins en moins réservé à une poignée d'initiés, celui des jeux de plateau ou autres jeux de stratégie. On est bien loin des jeux de société gentillets et familiaux de notre enfance, qui arboraient le sempiternel et énigmatique logo "de 7 à 77 ans", autant le dire tout de suite, les jeux dont je vous parle sont distribués en magasins spécialisés et ne sont accessibles qu'à un public d'adultes avertis et motivés, qui ne rechigneront pas à se pencher sur un livret de 15 pages d'une densité rarement égalée dans le seul but d'acquérir une vision plus ou moins obscure des règles dudit jeu. Les premières parties sont pour le moins fastidieuses mais l'on y prend vite goût et l'on se lasse rarement. Principalement importés d'Allemagne (et parfois directement en VO, on pousse un soupir de soulagement lorsque le vendeur a la bonté de nous proposer une traduction photocopiée des règles du jeu), ces jeux de plateau sont tous plus ou moins bâtis sur le même modèle, la gestion d'une économie miniature, la construction de bâtiments ou autres réseaux, et bénéficient d'interfaces ésthétiques particulièrement recherchées, dans des univers et des époques qui leur sont propres. Parmi mes préférés, je citerais volontiers Puerto Rico, jeu ancré dans l'atmosphère coloniale du 18ème siècle, qui fait appel à la stratégie bien plus qu'au hasard, et permet en choisissant différents métiers (intendant, marchand, armateur ...) lors de chaque phase d'accumuler des ressources agricoles et industrielles, de construire des bâtiments, le tout se traduisant au cours du jeu en points de victoire. Un jeu consistant, mais qui procure une réelle satisfaction d'autant plus que tout reste possible jusqu'à la fin. Dans le même style version médiévale, Caylus, jeu de "construction" d'origine française, tout aussi abouti et dense que le précédent. Beaucoup plus légers et accessibles (mais corrélativement moins passionnants), "Carcassonne" et "Les aventuriers du Rail", tous deux ayant reçu la récompense "Spiel des Jahres". A visiter dans le domaine le site trictrac.net ainsi que le magasin "Le Passe Temps" rue des Lois à Toulouse.

Le retour d'Aya


La suite tant attendue des tribulations d'Aya à Yop'city est enfin arrivée et ce second volume ne démérite pas. Toujours aussi attachantes, nos trois jeunes filles poursuivent leur existence paisible dans l'atmosphère ivoirienne des années 70. Entre gros mensonges, petits scandales, grandes ambitions, et débrouillardise, on suit avec délectation les mésaventures de ces quelques familles sur fond de routine africaine dépaysante.

carnet de route


Inconditionnelle de la collection "écritures" de Casterman, je viens de me résoudre à entamer "Un américain en balade", ouvrage un peu atypique dans le parcours de Craig Thompson. Comme il le dit lui-même en préface, ceci n'est pas le "dernier Craig Thompson" mais un opus à part, non initialement destiné à la publication, un sorte de carnet de voyage graphique. Le fil directeur du livre est autobiographique puisqu'il raconte les péripéties d'un auteur de BD américain (en l'occurence Craig Thompson lui-même) en voyage en Europe. Les dessins sont époustouflants et inattendus, on se rend compte du génie de certains dessinateurs de BD lorsqu'on les sort de leur contexte pour les plonger dans un univers réaliste. On reconnait des lieux précis (le café la fourmi ailée à Paris, la place St Sernin à Toulouse) et on se prend à passer des minutes entières à observer une planche. L'aspect narratif n'est pourtant pas en reste, l'ensemble assaisonné d'un soupçon d'autocritique envers la culture américaine et ses travers touristiques.

24/09/2006

parenthèse indienne


Juste une parenthèse pour signaler un livre déniché grâce à la Fnac et dévoré avec délectation "Vacances Indiennes" de William Sutcliffe, auteur britannique trentenaire.
Le livre nous plonge dans le point de vue d'un jeune anglais qui, ne pouvant se dérober à la tendance actuelle du voyage initiatique se retrouve à contre-coeur propulsé en Inde avec une compagne de route aussi occasionnelle qu'insupportable. Il raconte son périple avec un humour acide et un réalisme décapant, et livre une critique acerbe de cette nouvelle mode de l'apprentissage par le voyage (la fameuse année sabatique chère aux bacheliers anglais) et des quêtes spirituelles immatures. Rares sont les bouquins qui font rire aux éclats, celui-là en fait partie, dans ces portraits furtifs, on reconnaît forcément des profils croisés dans sa jeunesse au gré d'un voyage à l'étranger.

septembre en attendant ...


Ouhlà, déjà l'automne, il est temps de recommencer à écrire son blog. Rien de bien neuf ici à Toulouse à part le premier vol avec passagers de l'A380 et l'anniversaire de l'explosion d'AZF, on a l'impression qu'il ne s'est pas passé grand chose ces derniers temps, la ville rose s'endort sous la chaleur ...
Ah si, j'oubliais, Nougaro aurait eu ...on ne sait plus trop quel âge, mais la ville a (dignement) célébré son anniversaire, Diam's, Mouss & Hakim et M, concert gratuit sur la place du Capitole, 2 inédits de M en bonus, dommage que ce genre d'événements ne se reproduise pas plus souvent à Toulouse. A signaler la marque TLSE qui a ouvert son magasin vers Esquirol, T-shirts 100% toulousains. Suite de nos pérégrinations dans la région, les gorges de l'Aveyron à découvrir en canoé, pour les parisiens que nous étions encore il y a peu, tout simplement époustouflant.
Côté balades en forêt, Buzet remplit bien son rôle de poumon vert de la région, à pieds, à cheval, en VTT, une forêt bien aménagée qui reste tranquille malgré l'affluence du week-end.
Depuis notre arrivée à Toulouse, on a réduit les sorties ciné, on ne garde que le meilleur, et récemment pour nous le meilleur ce fût le dernier Gondry. On avait déjà bien trippé sur "Eternal Sunshine of the Spotless Mind" mais on a encore plus adhéré à "La science des rêves", l'histoire nous a semblée étrangement actuelle. On éprouve comme un soulagement à être confronté aux méandres d'esprits plus malades que le sien. "L'indécision" de Benjamin Kunkel me fait depuis peu office de livre de chevet, autre écrivain de notre génération, qui nous rassure autant qu'il nous inquiète, en décrivant un personnage qui "n'envisage l'avenir qu'à condition qu'il se trouve devant lui". Tout comme mon libraire de quartier, j'attends avec impatience la sortie du Tome 2 d' "Aya de Youpougon", j'ai déjà pu en lire un extrait sur le magazine Courrier International cet été, extrait qui promettait de bons sourires en perspective.

19/03/2006

μ-zik

Il est un peu loin le temps où les sorties d'albums, les dates de concerts et les pages des inrocks faisaient l'objet de tout mon intérêt. J'ai mis du temps à m'y remettre, écouter les nouveautés, lire la presse musicale et passer à la caisse de la Fnac un CD à la main étaient devenus des constituants d'un passé révolu. Depuis peu, tout ça commence à revenir, lentement comme une sorte de rééducation, je rachète, je re-écoute, je lis, je recommence à savoir ... Mais j'écoute davantage les productions françaises qu'auparavant, peut-être parce que le vivier créatif français s'est considérablement développé, dans le bon sens, peut-être aussi parce que c'est l'âge qui fait ça.
Bien sûr Franz Ferdinand, les Strokes, Placebo et les Artics Monkeys, je cautionne, mais quand je dois sortir un CD de sa pochette ce n'est pas vers ces derniers que je me tourne naturellement, mais vers Luke, Raphael, Deportivo, Olivia Ruiz, Les Têtes Raides, Prohom, Ridan, Louise Attaque, Dyonisos, Da Silva ... Etrange comme le temps nous change ...

Premier anniversaire


Un an déjà que nous nous sommes installés à Toulouse. Le printemps revient et on va à nouveau pouvoir apprécier la ville, ses alentours, les balades en forêt, les terrasses ensoleillées et faire du vélo au bord du canal.
Etant récemment sortie des affres du chômage, je n'ai pas trop eu le temps d'alimenter mon blog. Côté BD j'ai fait de très bonnes découvertes. Les pavés que sont "De mal en pis" et "Blankets" se parcourent à une vitesse impressionnante (disons qu'une fois qu'on les tient, les lâcher relève du supplice). J'ai aussi abordé avec pas mal de réserve "Les mauvaises gens" primé à Angoulême et la surprise fut plutôt pas mauvaise. Enfin incourtournable, le dernier tome du "Combat Ordinaire" de Larcenet qui est encore plus fort que les autres et qui décrit à merveille les angoisses quotidiennes face à l'existence, des nouveaux adultes que avons bien été obligés de devenir. Il me semble que les auteurs de BD ont pris le relais pour s'atteler à la description des doutes intérieurs de nos contemporains, et le résultat est plutôt étonnant.
Dernière perle dénichée à la Fnac, "Aya de Youpogon", c'est très frais et l'auteur dépeint une Afrique rassurante entre modernité et tradition, l'Afrique au quotidien, celle qui ne fait pas l'actualité parce que la vie s'y déroule en douceur. On suit les tribulations d'Aya et de ses copines, et on parcourt à nouveau la dernière page pour comprendre l'allusion et esquisser un sourire.

26/01/2006

Toulouse


Ce blog va aussi me permettre de parler de Toulouse ma ville d'adoption.
Nous avons quitté Paris, son métro et ses gens qui font la gueule (pour paraphraser la vision clichesque de la Capitale) en avril dernier pour tenter l'aventure dans le Sud de la France, au pays du cassoulet, du rugby et de l'aéronautique. Bon nous n'aimons pas vraiment le cassoulet, ni le rugby ni les avions et je n'avais jamais visité Toulouse, mais nous apprécions la tranquillité, le soleil, la mer et la nature pas loin et aussi ... les loyers beaucoup moins chers qu'à Paris. Donc voilà en trois semaines de temps j'avais donné ma dém', on vidait l'appartement de toutes les choses inutiles que nous avions accumulées, on faisait un vague pot de départ et on aménageait à Toulouse dans un appartement qui lui seul suffirait à ne pas nous faire regretter notre choix.
Après un temps d'euphorie, nous commençons depuis peu à organiser notre vie de nouveaux provinciaux. Ce qu'on aime à Toulouse c'est : la ville parce qu'elle est vraiment belle et bouge quand même pas mal, la nature (la forêt de Bouconne pas loin, le Lauragais et tous ces jolis coins c'est quand même cool), faire du vélo au bord du canal du midi, être à 1H30 de la mer et à 2h30 de l'océan, les gens (parce qu'ils sont bien sympathiques les toulousains) et allez je le dis ... pouvoir aller au carrefour en voiture une fois par semaine (et là seuls les petits parisiens qui se tapent à pieds le franprix (hors de prix et très peu fourni) deux fois par semaine le soir après le boulot peuvent me comprendre). Bon je reviendrai sur les aspects positifs de l'expatriation en province mais on va parler un peu de ce qui me manque : les potes (et oui parce que même si tout le monde dit vouloir quitter Paris, il y en a quand même encore un paquet qui sont toujours coincés dans la grisaille parisienne et puis à Paris on connait toujours plein de monde et il y a toujours quelqu'un de passage) et puis les expos (ben oui je suis la seule plouque qui n'ait pas encore vu l'expo Klimt Schiele et le troisième dont personne ne retient le nom) , les concerts (surtout quand ils étaient gratuits ...) et le quartier du Marais le dimanche.
La photo en haut c'est le quai de la Daurade à Toulouse.

On commence ...


Il faut bien un premier message.
Alors parlons BD ! J'ai lu récemment ce qu'on appelle un roman graphique, "De mal en pis" d'Alex Robinson et j'ai trouvé ça vraiment pas mal, un peu comme une série TV, on s'attache aux persos et 600 pages après on regrette que ça soit déjà fini. Parmi les BD sympas, il faut que je cite une digne représentante de la population féminine (même si elle est déjà super connue on ne sait jamais) c'est Marjane Satrapi et son "Poulet aux prunes", je n'ai pas encore dévoré Persepolis mais ça ne saurait tarder car cette BD est la prochaine sur la liste de mes achats avec BLANKETS. Allez, je parle aussi de Taniguchi avec "Quartier Lointain" et "Le journal de mon père" (attention c'est triste). Bref en BD, j'aime bien la collection écritures de Casterman, et puis Trondheim (que j'ai découvert à l'époque où il publiait au compte gouttes "Les aventures de l'Univers" dans le magazine les Inrocks), Sfar, Larcenet et Christophe Blain. Mais j'en reparlerai plus tard ...